dimanche 13 février 2022

Pourquoi et comment Abdelkader a-t-il fait acte de soumission au général de Lamoricière ?

 "Jamais capturé malgré la présence d’un tiers de l’armée française déployée en Algérie, (Abdelkader) décide de déposer les armes en échange d’un transfert au Proche-Orient".

Ahmed Bouyerdene et Christian Delorme

Le Monde, 12.02.2022


Au lendemain de la bataille d'Isly, les relations se détériorèrent rapidement entre le Makhzen et Abdelkader, qui devint une menace pour le sultan. Le chef algérien aurait même eu l’intention de renverser Moulay Abderrahmane avec, semble-t-il, la complicité du Grand vizir Mohamed ben Driss. Malgré sa réticence à lancer ses troupes contre Abdelkader, Moulay Abderrahmane fut poussé à agir. Le résistant algérien ne fut plus considéré comme un musulman qu’il fallait aider, mais un « fācid » qui, sous couvert de guerre sainte, semait la zizanie. Les tribus se plaignirent des exactions d’Abdelkader qui les razziait pour se procurer des vivres. En 1846, le sultan chargea une harka commandée par son fils Sidi Mohamed de mettre fin aux agissements du « rebelle ». Défait après un combat acharné, Abdelkader battit en retraite en Algérie. Le 23 décembre 1847, il se rendit aux Français.…

Voici le récit de la dernière bataille d’Abdelkader, raconté par le général de division comte de Martimprey, dans son livre « Souvenirs d’un officier d’état-major » (1886) :

...

Jusqu’à la fin, le fils de l’empereur sembla vouloir laisser ouverts à Abd-el-Kader les chemins qui pouvaient assurer sa retraite vers le sud et vers l’est. Celui-ci n’en profita pas. Peut-être hésita-t-il à le faire à cause de la courte distance à laquelle il se trouvait du général de Lamoricière.

Par un motif ou par un autre, il s’arrêta et accepta la bataille, sachant cependant qu’il allait combattre un contre vingt. Avec une pareille disproportion numérique, quelque exaltée que soit la bravoure du petit nombre, il ne peut manquer d’être accablé en rase campagne, quand l’organisation des partis en présence est à peu près équivalente.

Bien convaincu qu’un coup d’audace pouvait seul le sauver, Abd-el-Kader ordonna qu’on attaquerait la nuit et qu’on courrait à la tente du fils de l’empereur pour le faire prisonnier. En possession de ce gage, il devait obtenir des conditions avantageuses.

Pour faire réussir ce plan, au moment de l’attaque, l’émir fit mettre le feu à quelques chameaux garnis d’étoupe et de fascines goudronnées. Il comptait sur l’apparition de ces fantômes lumineux, fuyant ou se débattant dans une violente agonie au milieu de l’obscurité, pour jeter la terreur parmi ses adversaires. Si le secret de ces dispositions eût été gardé, peut- être eussent-elles été couronnées de succès; mais on s’y attendait chez les Marocains et lorsque les vaillants soldats de l’émir pénétrèrent dans le camp du prince impérial, sa tente, comme toutes les autres, était déserte. Ils coururent aussitôt à un camp voisin, car il en existait quatre séparés. Celui-ci fut enlevé. Abd-el-Kader combattait en tête, rugissant comme un lion au milieu du tumulte; mais le jour commençait à poindre.

Le fils de l’empereur tira lui-même le canon du troisième camp, à l’instant où les assaillants, épuisés de tant d’efforts, s’arrêtaient à son entrée; alors un feu général commença contre eux, ils durent se retirer et le firent avec ordre.

L’émir avait perdu la moitié de son monde quand il rejoignit la Daïrah.

Il n’avait plus d’autre ressource que de gagner, si c’était possible, le territoire algérien.
La retraite commença : la Moulouïa fut traversée pendant la nuit, à un gué voisin de son embouchure. Au lever du soleil, les masses marocaines parurent. Il fallait donner à la Daïrah, qui suivait le rivage pour atteindre le Kis, le temps de gagner du terrain. Un combat acharné s’engagea dans ce but, au passage de la rivière.

Le fusil à la main, la tête, la poitrine et les pieds nus, noir de poudre, plus brave que ses plus braves, Abd-el-Kader chercha la mort pendant toute la matinée, sans pouvoir la trouver: ses vêtements furent criblés de balles, trois chevaux tombèrent morts sous lui et furent remplacés grâce au dévouement de ses cavaliers. Enfin il s’éloigna de la Moulouïa, qui venait de voir périr encore le tiers de ses derniers compagnons. Par un triste rapprochement, leur sang rougit les eaux de la rivière, presque au même endroit où elles avaient été teintes du sang de nos soldats odieusement massacrés; sinistre épisode qui marquera toujours d’une tache la grande mémoire d’Abd-el-Kader. Les Marocains ne firent que passer la Moulouïa et s’arrêtèrent. La Daïrah parvint le soir même sur le territoire français.

Les réguliers de l’émir gagnèrent en partie Nemours, d’autres vinrent se rendre au camp du général de Lamoricière. Abd-el-Kader s’était séparé d’eux et ils ne savaient ce qu’il était devenu; mais le général, renseigné par un caïd du pays, avait déjà lancé quelques spahis choisis sur le principal passage qui, des bords de la mer, permet de gagner la plaine d’Oudjda par les dernières pentes des Beni-Snassen. Au milieu de la nuit, ces éclaireurs s’y rencontrèrent avec des cavaliers de l’émir, qui lui-même venait à quelques pas derrière eux.

Prévenu de cette circonstance, mais ignorant la force de la troupe à laquelle il se heurtait, Abd-el-Kader se décida à faire dans ce moment ce que les supplications de sa mère et de sa femme avaient préparé. Comme signe de ses intentions sincères d’entrer en pourparlers, il envoya son cachet au général de Lamoricière, par le lieutenant des spahis Bou-Rouïa. Le général y répondit en lui faisant porter son sabre. Une convention fut arrêtée le lendemain matin, d’après laquelle l’émir, sa famille et quelques serviteurs principaux devaient être transférés à la Mecque ou à Saint-Jean-D’acre.

Le général de Lamoricière se porta avec son infanterie vers le Kis, pour assurer l’internement de la Daïrah, laissant sa cavalerie sur le plateau de Sidi-Brahim, théâtre du drame sanglant du colonel de Montagnac. Les murs du marabout étaient restés tachés de sang, le sol était parsemé d’ossements humains. C’est là qu’Abd-el-Kader vint se présenter; il comptait s’y trouver en face du général de Lamoricière, le seul entre les mains duquel, suivant ses expressions, il avait pu se résoudre à consommer le sacrifice suprême de son abdication.

En l’absence du général, ce fut le colonel de Montauban, du 2è spahis, qui reçut l’émir. Après avoir passé devant le front de la cavalerie, qu’il salua avec estime, Abd-el-Kader, escorté de quelques chasseurs à cheval, se dirigea sur Nemours où il arriva le soir; sa famille y était déjà. Presque en même temps, le général de Lamoricière y entrait, sans autre escorte que celle des quelques cavaliers réguliers de l’émir, qui étaient venus se rendre à lui la veille.

Le général de Lamoricière alla voir l’émir, qui lui fit présent de son yatagan. La foi musulmane de l’illustre vaincu ne put suffire à lui donner la force de se renfermer en lui-même durant ces premières heures; ses larmes, abondantes et ses sanglots étouffés remplirent une nuit sans sommeil.
Enfin le matin, l’âme brisée, mais résigné, il monta la dernière jument qui lui restât et qui comme lui était blessée et s’avança, suivi de quelques serviteurs, vers le logement du duc d’Aumale.
A une certaine distance il mit pied à terre et conduisant en main sa monture à la manière des Arabes lorsqu’ils font acte de soumission, il vint rendre hommage au prince, qui le reçut avec une haute dignité. L’émir retourna à pied à sa tente.


Abd-el-Kader me demanda de faire venir un médecin pour panser un léger coup de feu qu’il avait reçu à la jambe, s’informa de mon nom, du temps que j’avais passé en Afrique ... Il passa la matinée à écrire et à dicter des lettres à Mustapha-ben-Tami, qui était près de lui.

Vers huit heures du matin, je conduisis l’émir à bord de la frégate qui allait le porter à Marseille. J’y vis amener sa mère, sa femme, toutes deux voilées, son fils, enfant d’un aspect maladif et plusieurs de ses officiers, tous blessés.

A dix heures, le navire faisait route vers la France et disparaissait à l’horizon. A midi, un Te Deum fut chanté à l’église de Saint-Louis d’Oran.

Le gouvernement désapprouva les engagements pris par le général de Lamoricière et acceptés par le duc d'Aumale. Au reproche qu’on lui fit de les avoir contractés, le général répondit que, s’ils étaient défectueux, il était facile de remettre les choses en l’état où elles étaient lorsqu’il avait accepté les propositions de l’émir.

Sans nul doute, le général avait sagement agi en acquiesçant à la transportation en Orient, plutôt que de réduire Abd-el-Kader à se jeter dans le sud comme il le pouvait faire, s’il eût pris le parti de séparer son sort de celui de sa famille. En le retenant en France, le gouvernement manqua aux promesses faites en son nom, ce qu’aucune raison politique ne peut justifier.

***

Contrairement à ce qu'affirment les auteurs de la chronique que publie Le Monde, Abdelkader n’a pas « déposé les armes en échange d’un transfert au Proche-Orient ». Acculé après avoir perdu la bataille contre les troupes marocaines, il s’est rendu aux Français. Il a demandé son transfert en Orient et le général de Lamoricière a accepté, approuvé par le duc d'Aumale. Le gouvernement français a renié cet engagement.

 

vendredi 21 janvier 2022

ALGERIE : ENTRE MYTHES ET REVES PERDUS

« La Révolution du 1er Novembre 1954 […] a eu, à l'indépendance, pour prolongement naturel la restauration de l'État national fondé, en 1830, par l'Émir Abdelkader »

(Les présidents algériens à l'épreuve du pouvoir, Badr'eddine Mili, Casbah-Editions, Alger, 2014).

De tels propos, qui n’engagent que leur auteur, ne devraient normalement susciter aucune réaction de la part d’un Marocain. Après tout, chacun est libre d’écrire ce qu’il veut sur son pays. Mais B. Mili a égratigné le Maroc, ce qui semble être une habitude chez certains Algériens, qui ne peuvent pas parler de leur pays sans évoquer le voisin de l’ouest.  

Dans le passage cité plus haut, on retiendra deux mots : Révolution et Etat.

Une « révolution » qui a échoué

Un professeur à la Faculté de droit à Rabat, dans les années 70, ne cachait pas son admiration pour l’Algérie. Lui-même socialiste, adepte des plans de développement, il ne tarissait pas d’éloges sur le système dirigiste algérien, « l’autogestion » et surtout « l’industrie industrialisante » chère à Belaid Abdeslam. Il s’exclama en une occasion : « A ce rythme, j’ai bien peur que, bientôt, le Maroc ne soit la lanterne rouge du Maghreb ».

J’ignore si, depuis, ce sympathique économiste a fait son mea culpa. A sa décharge, on peut dire qu’il n’était pas seul à encenser le régime algérien.

La « révolution algérienne » suscitait l’enthousiasme dans les milieux progressistes tant au Maghreb qu’en Europe. Comparée à ses voisins, l’Algérie semblait avoir fait les bons choix et enregistrait une réussite sur tous les plans, politique, économique, diplomatique. Le pays était sur orbite et apparaissait comme un futur tigre. L’Algérie n’avait-elle pas recouvré son indépendance les armes à la main et bâti en peu de temps un Etat après une longue nuit coloniale ? N’avait-elle pas repris possession de ses richesses naturelles face aux majors et aux grandes puissances ? Voilà un peuple rebelle, frondeur et ombrageux qui avait brisé les chaines de l’asservissement et se lançait résolument sur la voie du développement. Alger accueillait généreusement tous les mouvements de libération et devenait « la Mecque des révolutionnaires », de Che Guevara à Mandela, jusqu’au canarien Antonio Cubillo dont personne ne se souvient. Les « révolutionnaires » algériens tenaient un discours anti-impérialiste teinté de « phraséologie communiste ». La diplomatie algérienne brillait de mille feux et le sémillant ministre des affaires étrangères, Abdelaziz Bouteflika, paradait dans les réunions internationales, engrangeant succès après succès (OUA, Mouvement des Non Alignés, ONU, OPEP, etc.). L’Algérie était partout à la manœuvre, les pétrodollars aidant, sa voix était écoutée et son avis sollicité.

Peu importait que quelques rares voix à l’intérieur de l’Algérie s’élevaient contre le régime de parti unique, l’autoritarisme, les libertés étouffées. Les milieux bien-pensants, en France et ailleurs, avaient décidé une fois pour toutes que l’Algérie était intouchable. Il ne fallait surtout pas porter atteinte à la « révolution algérienne » et à cette expérience unique dans le Tiers-Monde, quitte à fermer les yeux sur certains travers. Le Maroc ? On peut critiquer, c’est une monarchie. Mais l’Algérie, on n’y touche pas. Même les ONG si promptes à dénoncer le moindre abus partout se faisaient étrangement discrètes dès qu’il s’agissait de l’Algérie. Le régime algérien a bénéficié de la même mansuétude dans la question du Sahara marocain. Alger ne défend-il pas - de manière tout à fait désintéressée n’est-ce pas - un noble principe, celui de l’autodétermination ? Les diplomates marocains qui évoquaient le principe de l’intégrité territoriale étaient peu audibles.

Mais tout ça, c’était avant.

Aujourd’hui, l’Algérie entière se débat dans des difficultés sans nom. Les pénuries de produits de base se succèdent, la mauvaise gestion fait des ravages, le dinar plonge, les bourdes se multiplient. La diplomatie algérienne n’est plus que l’ombre d’elle-même, malgré les vaines tentatives et les gesticulations du ministre et de ses « envoyés spéciaux ». A l’origine de cette régression, il y a la baisse des revenus de la rente pétrolière et gazière, mais il y a surtout l’incompétence généralisée, la médiocrité des dirigeants. L’Algérie est restée figée dans les années 70 du siècle dernier. Le discours est le même, les slogans et les mots d’ordre n’ont pas changé, les convictions toujours bien ancrées et les obsessions tenaces. En Algérie, le temps s’est arrêté, les logiciels ont buggé, le langage a vieilli, le décor s’est défraichi.

Les prémisses de l’échec étaient déjà perceptibles au milieu des années 60, alors que l’Algérie prenait son envol politique et économique. Dès 1966, le chercheur turc Arslan Humbaraci épinglait le régime algérien. Titre prémonitoire de son livre : « Algeria, A Revolution That Failed » (Algérie, une révolution qui a échoué), Pall Mall Press, Londres.

On ne peut soupçonner Humbaraci d’« anti algérianisme » primaire. Que dit-il?

« L’Algérie est le seul pays d’Afrique ou du monde arabe à avoir accédé à l’indépendance par une véritable guerre de libération.

« Les Algériens ont hérité des colonialistes les atouts les plus précieux de tous les atouts possibles : des structures économiques très développées. C’était en effet un riche patrimoine à bien des égards et il leur a été remis tout à fait intact. Malgré les efforts de l’Organisation de l’Armée Secrète (OAS), le gouvernement français n’a pas entrepris de détruire le pays qu’il abandonnait.

« Cependant, les Algériens n’ont pas réussi à faire face aux problèmes énormes et complexes auxquels ils ont été confrontés après la libération – et ceux-ci étaient certainement colossaux. Rapidement les révolutionnaires algériens ont épuisé leur crédit. L’une des raisons est que les Algériens, non formés et inexpérimentés, n’étaient absolument pas préparés à la tâche de gérer un système administratif et économique compliqué. Un chaos indescriptible a résulté du transfert brusque du pouvoir. »

« Une autre raison, plus fondamentale, de l’échec des révolutionnaires algériens était leur manque d’unité. Avec la libération, les clans politiques et militaires algériens ont laissé leur soif de pouvoir l’emporter sur toutes les autres considérations. C’est cette terrible rivalité plus que les complexités inhérentes à la tâche post-indépendance qui a provoqué la chute de la révolution.»

Dans l’imbroglio algérien, trois facteurs pèsent sur la situation politique. Ce sont : « le manque d’unité entre les Algériens, les cicatrices laissées sur le pays par de longues périodes de domination : arabe, turque et surtout française » et la confiscation du pouvoir par les militaires.

Humbaraci qualifie les Algériens de « frères ennemis ». Il n’est pas optimiste : « les divisions parmi les Algériens sont si profondément enracinées que, non seulement la révolution a subi un sérieux revers, mais l’existence même du nouvel État est menacée. Cela ne surprendra personne connaissant l’histoire algérienne ».

Le renversement de Ben Bella est survenu trois ans, presque jour pour jour, après l’indépendance. La première phase de l’indépendance algérienne s’est ainsi terminée par un coup d’Etat pompeusement qualifié de « redressement », qui allait achever de ruiner la révolution algérienne avec la montée au pouvoir du colonel Houari Boumediene.

En 1972, ce fut au tour de Tarek Maurice Maschino et Fadela M’Rabet de livrer un réquisitoire sévère sur l’Algérie du colonel Boumediene dans un ouvrage intitulé « L’Algérie des illusions – La révolution confisquée », Robert Laffont, Paris. Marxistes, les auteurs ont dénoncé « la confiscation de la révolution par une nouvelle classe », « l’édification d’un Etat de plus en plus autoritaire (…), l’absence de démocratie, la pensée conforme et le conformisme moral ». Le coup d’Etat du 19 juin 1965 a marqué « la fin des espoirs révolutionnaires dont les premières années de l’indépendance étaient riches ».

La suite a été une succession de choix économiques douteux et de positions dogmatiques sans réel impact ni utilité pour le pays. La tentative de créer un semblant de multipartisme a abouti aux élections législatives de 1991 et à la victoire du FIS. La décision de l'armée d’annuler les élections a plongé le pays dans une spirale de violence qui a ensanglanté l’Algérie durant la funeste « décennie noire » et provoqué la mort ou la disparition de dizaines de milliers d’Algériens. Les guerres civiles sont les plus meurtrières. La guerre civile algérienne a été particulièrement violente en raison du tempérament des Algériens et de la hargne qui a sévi des deux côtés. Dans les deux camps, la détermination et le « nif » étaient les mêmes, les « éradicateurs » intraitables faisant face aux « islamistes » écorchés vifs. C’est le désarroi de certains officiers qu’exprimait le général Kaïdi lorsqu’il avouait avoir eu des doutes en entendant lors des opérations militaires les « terroristes » crier, comme lui et ses hommes, Allah Akbar.

Le président Bouteflika a eu beau affirmer qu’il n’entendait pas être un « président aux trois-quarts », le régime est resté opaque et l’armée a continué à tirer les ficelles. La maladie du président et son maintien au pouvoir ont décrédibilisé un système en état de mort cérébrale. Le coup fatal lui a été porté par le « 5è mandat » projeté alors que les Algériens, profondément touchés dans leur fierté, enrageaient de se voir imposés le spectacle à peine croyable du portrait du président exhibé dans les cérémonies officielles.

Avec la comédie burlesque du « cadre » (du portrait de Bouteflika), l’Etat algérien a touché le fond.

Qu’en est-il de l’« Etat national » algérien ?

« Territoire arabe » et « territoire français »

Les historiens, dans leur grande majorité, s’accordent à dire qu’il n’y a pas eu d’Etat algérien avant 1962. Humbaraci va plus loin : « Les nouveaux États sont habiles à déformer l’histoire. L’Algérie, dont le passé a été si amer, n’a pas fait exception. Les Algériens ont rarement été objectifs quant à leur manque de nation. » Cette incapacité à s’unir est due essentiellement, selon Humbaraci, au particularisme berbère, se manifestant principalement en Kabylie. 

Dire qu’Abdelkader ben Mahieddine a fondé, en 1830, un « Etat national » c’est maltraiter l’histoire. A cette date, le territoire compris entre l’Empire chérifien et la Tunisie était une régence ottomane, dirigée par Hussein Dey. Ce dernier a d’ailleurs été le protagoniste du célèbre incident dit du coup de l’éventail, qui a servi de prétexte à l’invasion française.

Faut-il rappeler qu’un Etat n’est pas une vue de l’esprit ou une déclaration d’intention, mais un ensemble d’institutions et, avant tout, une autorité exerçant un pouvoir souverain sur une population donnée dans un périmètre territorial déterminé.

Selon Badr'eddine Mili, « Le premier pays du Maghreb à s’être constitué en Etat fut l’Algérie qui, dès 1830, proclama sous la direction de l'Émir Abdelkader, l'État national dont la France dut reconnaître la souveraineté, sur les deux tiers du territoire, dans le Traité de la Tafna, signé le 30 mai 1837. »

>> Or, le Traité de la Tafna dit dans son article 1er : « L'Émir Abd el Kader reconnaît la souveraineté de la France en Afrique ». La France « se réserve » les villes et les provinces sur lesquelles elle entend exercer sa souveraineté et concède à Abdelkader « l'administration » du reste. Il n’est pas question de « souveraineté » de l’« émir ».  

On remarquera que le traité parle d’« Afrique ». Dans le corps du traité, il est question de « territoire français » et de « territoire arabe ». Tout juste des villes sont-elles citées, ainsi que « la province d’Alger ». Pour désigner l’ensemble du « territoire » qualifié, à défaut de mieux, d’africain, le traité se réfère à « la Régence » (article 14).

Un « émir » donc, à la tête d’un « territoire arabe » en Afrique. Territoire dont on ne connait ni le nom ni la forme juridique.

Nous sommes en 1837. Où est l’« Etat national » algérien supposément fondé en 1830 ? Quelles étaient les autorités de cet Etat ? Quelle en était la capitale ? Quels Etats l’ont reconnu ? Qui étaient ses ministres, ses walis, ses ambassadeurs ?...

En vérité, l’histoire n’a gardé aucune trace de cet « Etat ».

Avant 1830, non plus, on n’a pas connaissance de l’existence d’un « Etat algérien ». C’est un historien algérien, Abou El Kacem Saâdallah, qui le dit dans son livre ابحاث و آراء في تاريخ الجزائر   (vol. 4, p.188) : « L’Algérie n’a pas été un Etat souverain au 16è siècle pour que nous puissions dire que les Ottomans ont éliminé cet Etat et s’y sont substitué en colonisateurs ou occupants ».


        Badr'eddine Mili ne se fait pas faute de sacrifier au rituel pour s’en prendre au Maroc et énoncer des contrevérités. Au Maroc, dit-il, « Mendès-France imposa au roi Mohammed V, aux négociations d'Aix-les-Bains, la présence d'El Glaoui, le sultan (sic) imposteur ; […] négociations au cours desquelles le gouvernement français ne concéda que l'autonomie interne. La raison en est, tout simplement, qu'au Maroc […] l'État national n'existait pas encore. »

Comme on le voit, l’auteur ne craint pas la contradiction : Il mentionne le roi Mohammed V, en faisant au passage une confusion entre Ben Arafa et El Glaoui, tout en niant l’existence d’un Etat national au Maroc. De quel Etat Mohammed V était-il le roi ?

Il persiste : « Au Machrek et au Maghreb où le pouvoir était tribal, la maturation de l'idée de l’État national avait attendu, pour émerger, d'être mise à l'épreuve de la colonisation ».

Laissons Lyautey lui répondre : « Ici [au Maroc], nous avons, réellement, trouvé un Etat et un peuple.[1]».

 

En Algérie, il y a un travail considérable de mise à jour à accomplir. Pour cela, il faudrait de l’introspection et de l’autocritique, pour casser plusieurs mythes. La « révolution algérienne » a échoué, l’Algérie n’a jamais été socialiste et il n’y avait pas d’Etat avant 1962. Accessoirement, il ne sert à rien de crier sur tous les toits des affirmations péremptoires ni de répéter à tout bout de champ des slogans creux et incantatoires. Il faut avoir le courage et la sagesse d’accepter sereinement la réalité, de remettre les pieds sur terre et de procéder à des révisions déchirantes. L’occasion aussi de faire preuve de quelque humilité, de faire justice des plus gros mensonges et de dire définitivement adieu aux rêves perdus.  

L’Algérie ne peut pas continuer à vivre dans le passé. Le peuple algérien mérite mieux.



[1] - Pierre Lyautey « Lyautey l’Africain, Texte et lettre du Marechal Lyautey », Tome IV, 1919-1925 - Ed. Plon-Paris,1957, p.25.

mardi 21 décembre 2021

Un voisin singulier

L’appareil d’Etat algérien accuse le Maroc de tous les maux.

Mais ce sont les dirigeants algériens, civils et militaires, qui multiplient les déclarations hostiles contre le Maroc, faisant flèche de tout bois, versant de plus en plus dans l’offense crasse et l’insulte grossière. Les provocations et les menaces se sont faites de plus en plus directes, le ton est monté crescendo.  

Les médias, y compris publics, n’ont pas été en reste. En première ligne, la revue de l’armée, El Djeich, consacre régulièrement au moins un article, le plus souvent, plusieurs, au Maroc et au Sahara marocain. Chaque mois, l’organe de l’ANP, sans retenue aucune, déverse des tombereaux d’insultes sur le Maroc.

Sous l’effet d’une colère et d’un dépit apparemment sans bornes, responsables politiques et militaires d’un côté, médias publics et privés de l’autre, rivalisent d’inventivité pour injurier leur voisin, qu’ils qualifient de « malveillant ».

Voici un inventaire non exhaustif d’actes, d’attitudes, de déclarations et de propos injustifiables et incompréhensibles. Chronique affligeante des dérives obsessionnelles d’un régime à nul autre pareil.

Véritable Livre Noir des méfaits d’un voisin singulier.

(* l’inventaire ne couvre que la période novembre 2019-décembre 2021)

 

2019

 

24 novembre 2019

Abdelmadjid Tebboune, candidat aux élections présidentielles du 12 décembre 2019 en Algérie, lors d’une conférence de presse :

Les frontières n’ont pas été fermées à cause du soutien de l’Algérie au front polisario.

Il ne faut pas travestir la vérité. Je me rappelle une fois, des jeunes universitaires algériens ont visité le Maroc en tant que touristes. Ils ont été traités tels des terroristes et ils ont été violentés par les autorités. C’est scandaleux.

Les responsables au Maroc avaient accusé l’Algérie dans cette affaire d’attentat qui a eu lieu (à l’hôtel Atlas-Asni à Marrakech en 1994) et ont décidé d’entamer un blocus sur le pays, en fermant les frontières.

Le Maroc doit d’abord faire son mea-culpa et demander pardon aux algériens, et là il sera peut-être possible de relancer le dialogue.

 

1er décembre 2019

Abdelmadjid Tebboune, candidat aux élections présidentielles du 12 décembre 2019 en Algérie,

L’Opinion (Paris)

Le président Zeroual a fermé la frontière terrestre en 1994 lorsque les Marocains ont expulsé 350 000 Algériens après les attentats de Marrakech et instauré un visa obligatoire pour nos ressortissants. Ils accusaient à tort l’Algérie d’être derrière ces attentats. Le Maroc a longtemps été dans le déni face à son terrorisme national. Plus de 5 000 Marocains sont pourtant allés rejoindre les groupes djihadistes au Moyen-Orient.

Si Rabat présente des excuses et s’engage publiquement à ne plus avoir ce comportement, on pourra rouvrir la frontière.

Le peuple algérien aime le peuple marocain et réciproquement.

350 000 Marocains travaillent chez nous, parfois même en situation irrégulière.

 

13 décembre 2019 

Président Abdelmajid Tebboune, conférence de presse :

Je dois affirmer avec clarté que la question du Sahara occidental est une question de décolonisation. C'est une affaire qui est entre les mains des Nations unies et de l'Union africaine et qui ne devrait pas envenimer les relations avec nos frères.

Le peuple marocain, je le connais bien. Je sais qu'il aime l'Algérie et les Algériens. Les Algériens aiment le peuple marocain, parce que c'est un peuple gentil.

Il y a eu des circonstances qui ont conduit à la fermeture de la frontière et le mal ne peut être éliminé qu'en éliminant ses causes.

Quant au reste des relations, l'Algérie est un pays pivot, africain, méditerranéen, arabe, parmi les leaders du Tiers monde. Celui qui veut notre sympathie, nous l'aimerons, mais celui qui veut autre chose, nous verrons ce que nous devons faire. Réciprocité totale. Personne sur cette planète ne pourra prétendre qu'il a une tutelle sur l'Algérie. Jamais.

L'Algérie veille au maintien des relations de bon voisinage et à l'amélioration des relations fraternelles et de coopérations avec tous les pays du Maghreb arabe. Nos frères ne souffriront d'aucun mal de notre part.

 

2020

 

01 février 2020

A. Tebboune, RT (arabe) :

La frontière a été fermée comme réaction. C'était la deuxième fois et ce fut plus douloureux. Il y eut une réunion tripartite entre feu le président Chadli, feu le roi Hassan II et feu le roi Fahd. Feu Chadli a dit: "J'ai peur que cette frontière ne soit à nouveau fermée et que ce soit très douloureux pour les relations. Un accord a été conclu pour laisser la question du Sahara aux mains des Nations unies et l'OUA, et que la fraternité revienne ainsi que les échanges commerciaux. Le moment était mauvais pour accuser l'Algérie de terrorisme alors qu'un pays européen considérait tous les Algériens comme des terroristes. L'espace aérien nous a été interdit, aucun avions européen ne venait en Algérie... et un pays frère nous accuse de terrorisme! et nous impose le visa ! Nous n'avons fait que réagir. Certes, la réaction est parfois disproportionnée, mais il y a un imtidad entre les pays de la région. Nous y croyons. Difficile de parler la même langue lorsqu'il y a des arrière-pensées. Nous n'en avons pas. Nous sommes clairs. L'Algérie se lit facilement. Inchallah les choses s'arrangeront avec le Maroc. Nous n'avons aucune hostilité à leur égard, les problèmes ne se règlent pas avec des manœuvres, des complots, des tentatives pour isoler l'autre, des complicités avec l'ennemi. L'ami de mon ami est mon ami, l'ennemi de mon ennemi est mon ami, tout ça ne marche pas. Les deux peuples sont liés par des liens beaucoup plus forts que cela. J'espère que les choses reviendront à la normale. L'espoir est là, mais il faut donner des signaux.

 

  

Mai 2020

Une vidéo circulant sur les réseaux sociaux montre un attroupement et on entend une voix dire que l’Algérie est un « pays ennemi du Maroc ». Les services algériens prétendent que c’est la voix du consul du Maroc à Oran.

 

 

13 mai 2020

Le ministre des affaires étrangères Sabri Boukadoum convoque l’ambassadeur du Maroc à Alger pour le « confronter aux propos du Consul général du Maroc à Oran lors d’un échange avec des citoyens marocains ».

Il a été signifié à l’ambassadeur du Maroc que « la qualification par le Consul général du Maroc à Oran, si elle venait à être établie, de l’Algérie de 'pays ennemi' est une violation grave des us et coutumes diplomatiques, qui ne saurait être tolérée. C’est également une atteinte à la nature des relations entre deux pays voisins et deux peuples frères, ce qui requiert des autorités marocaines la prise des mesures appropriées pour éviter les répercussions de cet incident sur les relations bilatérales ».

 

 

4 juillet 2020

Abdelmadjid Tebboune, France 24 :

Jusqu’à présent l’escalade était verbale mais nous constatons que nos frères marocains passent à une autre forme d’escalade » (allusion au projet marocain de construire une base militaire près de la frontière avec l’Algérie).

J’espère que ça va s’arrêter. Nous souhaitons le plus grand bonheur et tout le développement au peuple marocain frère. Nous n’avons aucun problème avec les Marocains. Il semble que ce sont les frères marocains qui ont problème avec nous.

Je ne pense pas [qu'il y aura une escalade entre les deux pays]. La sagesse a toujours prévalu entre les deux pays.

La fermeture des frontières est une réaction à une action humiliante pour le peuple algérien. Les frontières ont été fermées au moment de l’instauration du visa. Ce n’est pas le Sahara occidental ».

... avec nos frères marocains, nous n’avons aucun problème, c’est eux qui semblent avoir un problème avec nous.

On est allé à l’insulte verbale, on nous prête des intentions. Chaque fait interne algérien est analysé en fonction de leurs arrière-pensées. Nous n’avons aucune arrière-pensée. Nous n’avons aucun problème avec le peuple marocain, ni avec le roi du Maroc.

Maintenant, si, eux pensent qu’il faut prendre une initiative, elle sera la bienvenue. Je pense qu’ils peuvent prendre une initiative qui va clore ce dossier.

 

22 septembre 2020

Abdelmadjid Tebboune, Rencontre avec la presse au palais présidentiel, Alger :

Je l'ai dit officiellement à plusieurs reprises. Nous n'avons aucun problème avec le Maroc. Le Maroc est un pays frère. Le peuple algérien aime le peuple marocain et le peuple marocain aime le peuple algérien. S'ils ont des problèmes avec nous, nous n'en voyons pas. S'ils ont des problèmes avec nous, qu'ils le disent. Pour nous, le Sahara occidental est une question de décolonisation. Et sur cela, même feu le roi Hassan II était d'accord. Quand il est venu ici, avec feu le président Chadli et le roi Fahd et qu'ils se sont réunis, ils se sont mis d'accord pour que la question reste aux mains de l'ONU et que les relations redeviennent fraternelles. Et ce fut ainsi, de 1989 à 1994.

Le Sahara occidental est une question de décolonisation, inscrite aux Nations unies dans le chapitre décolonisation. Quel est alors le problème ? Nous n'avons pas de problème avec le Maroc frère. S'ils voient qu'il y a un problème, qu'ils le disent. Quant à tahdi'a, je n'ai jamais insulté ou injurié. Notre presse non plus n'insulte pas les responsables. Eux..., chacun sa culture.

 


13 novembre 2020

Le Maroc restaure la libre circulation civile et commerciale au point de passage frontalier d’El Guerguerat, sur la route qui conduit vers la Mauritanie.

La circulation y était perturbée, voire bloquée depuis 2017 et les camionneurs rançonnés par des miliciens du polisario.

 

19 novembre 2020

Selon le journal algérien Echorouk, l’Algérie veut s’impliquer dans les négociations au sujet du Sahara. Le journal, qui cite un « haut » responsable algérien anonyme, écrit :

« Il est impossible de parvenir à une solution à la question du Sahara, sous quelque forme que ce soit, sans la participation directe de l'Algérie en tant que partie principale dans la région concernée par le conflit et ses effets, et elle n'acceptera donc à l'avenir aucune initiative qui la traite en tant qu'observateur, car elle est désormais un État affecté par la question sahraouie, compte tenu de ses risques pour sa sécurité stratégique, ce qui nécessite sa présence effective à la table des négociations entre le Polisario et le Maroc.

« Il est donc impossible d'imposer une solution en dehors de la volonté algérienne, de sa conception et de ses conditions ».

Le titre de l’article est : « Quiconque attaque l'Algérie brûlera ».

 

 

10 décembre 2020

Le président des Etats-Unis d’Amérique, Donald J. Trump, signe une « Proclamation reconnaissant la souveraineté du Royaume du Maroc sur le Sahara occidental ».

 

 

11 décembre 2020

Abdelaziz Rahabi, ancien ministre de la Communication, le Soir d’Algérie direct :

L’Algérie est encerclée, c’est une réalité. Il y a des conflits armés à nos frontières, il y a une implication militaire directe de puissances étrangères.

 

12 décembre 2020

Abdelaziz Djerad, Premier ministre,

(en réaction à la reconnaissance par les Etats-Unis de la marocanité du Sahara):

 L’Algérie est ciblée par un complot élaboré par des parties étrangères visant sa stabilité.

Il y a une volonté de faire parvenir l’entité sioniste à nos frontières.

12 décembre 2020

Communiqué du ministère algérien des affaires étrangères

(à la suite de la reconnaissance par les Etats-Unis de la marocanité du Sahara):

La proclamation (américaine) est sans effet juridique, car elle contrevient à l’ensemble des résolutions des Nations Unies et notamment à celles du Conseil de Sécurité sur la question du Sahara occidental, la dernière étant la résolution 2548 du 30 octobre 2020, rédigées et défendues par le "porte-plume" américain.

 

2021



Janvier 2021

Exercice tactique avec munitions réelles, intitulé « Al-Hazm 2021 » dans la 3e RM (Béchar). Le chef d’état-major de l’ANP, le général Saïd Chanegriha a « inspecté des unités de combat déployées le long des frontières ».

 

12 février 2021

La chaîne de télévision algérienne « Al-Shorouk » exhibe dans un de ses programmes une marionnette qui offense gravement le peuple marocain.

 

18 février 2021

Abdelmadjid Tebboune, discours à la Nation :

En ce qui concerne le Sahara occidental, notre position est claire: c'est la dernière colonie en Afrique et nos frères sahraouis doivent exercer leur droit à l'auto-détermination. Il n'y a pas d'autre solution.

 

01.03.2021

Tebboune, Rencontre avec la presse

- Il y a un lobby en France, dont font partie nos voisins, qui travaille contre l'Algérie.

- L'affaire du Sahara occidental, je ne l'abandonnerai pas. Pas contre les frères marocains. Cette question a été tranchée en 1989 entre Chadli, Fahd et Hassan II lorsqu’ils se sont réunis à la frontière, à la demande de Hassan II, qui a dit: laissons le Sahara occidental aux Nations Unies et normalisons nos relations, c'est ce qui s'est fait, la frontière a été ouverte, jusqu'en 1994. Mais « Halima est retournée à sa vieille habitude ».

 


9 mars 2021

A l’issue de sa réunion, le 9 mars 2021 au niveau des chefs d’Etat, le CPS a décidé notamment :

·       Que la Troïka de l'UA devrait revitaliser d'urgence son engagement avec le Maroc et la « rasd » en vue de trouver pacifiquement une solution permanente à la crise ;

·       Que le Conseil de paix et de sécurité s'acquitte de son mandat sur le conflit du Sahara occidental ;

·       De demander à la Commission de l'UA de prendre d'urgence les mesures nécessaires pour la réouverture du Bureau de l'UA à Laayoune, au Sahara occidental ;

·       D’entreprendre une mission de terrain dans la région, dès que possible, afin de faire le suivi, sur place, de la situation.

Le CPS par ailleurs

·       A « exhorté » le Secrétaire général de l'ONU d'accélérer la nomination d'un nouvel envoyé personnel, qu’il « invite » d’ores et déjà à travailler en étroite collaboration avec l'UA. ;

·       A demandé au Secrétaire général de l'ONU de demander au Conseiller juridique des Nations unies de fournir un avis juridique sur l'ouverture de consulats au Sahara ;

·       A encouragé l'Envoyé spécial de l'UA pour le Sahara occidental (Chissano) à reprendre d'urgence son engagement auprès des parties au conflit.

 


04 avril 2021 

Président Tebboune, rencontre avec la presse algérienne :

Le problème du Sahara occidental ne sera pas réglé par l'oubli. Le conseil de (paix et) sécurité (de l'UA) doit l'étudier, puis informer le conseil de sécurité des NU. C'est ce qui s'est passé.

Nous avons dit que le Sahara occidental est une question de décolonisation. Toutes les parties admettent cette approche; laissons l'ONU régler la question.

La question est entre les mains de la commission de décolonisation, pas entre celles de la commission de la charité ou je ne sais quoi...

Le CS a mandaté la MINURSO, qui opère dans le territoire du Sahara occidental.

Je le dis sans aucune animosité ni rancœur contre qui que ce soit. Malgré tout, les Marocains restent des frères et les Sahraouis aussi et nous souhaitons une solution satisfaisante pour les deux parties. Aucun ne doit imposer son avis à l'autre.

Il y a certains qui traitent les questions internationales comme un mach football ou de boxe... Un gagnant, un ... Il n'y a ni vainqueur ni vaincu, il y a le droit international. C'est à l'ONU de régler ce problème. Si on a besoin de notre avis comme pays observateur, nous l'avons toujours donné, sans réserve.

 

 

8 avril 2021

La section Maghreb et Afrique de La République en Marche, le parti du président français Emmanuel Macron annonce la création de deux antennes à Agadir et Dakhla.

 

 

18 avril 2021

Le régime algérien fait hospitaliser en Espagne le chef des miliciens « Brahim Ghali » avec de faux documents d’identité.

 


09 mai 2021

Le président algérien, dans une directive adressée au Premier ministre et aux responsables des sociétés d’Etat, ordonne de résilier immédiatement les contrats signés avec les entreprises marocaines, sous peine de poursuites pour trahison et complicité.

Tebboune cite la Compagnie algérienne d’assurance et de réassurance (CAAR) et la Société algérienne d’assurance (SAA). L’entreprise de téléphonie et internet, Djezzy détenue à hauteur de 51% par l’Etat algérien, est également visée.

Selon Africa intelligence, les deux banques publiques Crédit Populaire d’Algérie (CPA) et la Caisse Nationale d’Epargne et de Prévoyance (CNEP), ont rompu leurs partenariats respectifs avec la Société Maghrébine de Monétique (S2M) et M2M Group, spécialisés en monétique.

 

2 Juin 2021

« Brahim Ghali » quitte Logroño.

Dès son arrivée à Alger, Tebboune lui rend visite à l’hôpital et réitère l’engagement de son pays pour la « décolonisation » et la « vérité » au Sahara.

 

03 juin 2021 

Tebboune, Le Point

·         Le rôle honorable revient à l’Algérie. La rupture avec le Maroc – et je parle de la monarchie, pas du peuple marocain, que nous estimons – remonte à tellement longtemps qu’elle s’est banalisée.

·         Le Maroc a toujours été l’agresseur. Nous n’agresserons jamais notre voisin. Nous riposterons si nous sommes attaqués. Mais je doute que le Maroc s’y essaie, les rapports de force étant ce qu’ils sont.

·         On ne peut pas ouvrir les frontières avec un vis-à-vis qui vous agresse quotidiennement.

·         Certains croient qu’avec l’ouverture de consulats [à Laâyoune et Dakhla, NDLR], le dossier du Sahara occidental est clos, mais ils se trompent. Le Maroc devrait revenir rapidement à une solution acceptable conforme au droit international. Entre l’Algérie et le Maroc, le Sahara occidental a toujours été une pomme de discorde mais pas un casus belli. Le Maroc devrait opter pour la raison: son ennemi, comme pour l’Algérie, c’est le sous-développement. L’Algérie est en train de se construire avec ou sans le Maroc.

·         Cette reconnaissance (américaine de la souveraineté du Maroc sur ses provinces du sud) ne veut rien dire. Toutes les résolutions du Conseil de sécurité concernant le Sahara occidental sont présentées par les États-Unis. On ne peut pas revenir, verbalement, sur tout ce qui a été fait par Washington pour faire plaisir à un roi.

·         Pourquoi les Marocains refusent-ils l’autodétermination? Parce qu’ils ont procédé à un changement ethnique qui a ses conséquences: les Sahraouis à l’intérieur du Sahara occidental

·         sont aujourd’hui minoritaires par rapport aux Marocains qui s’y sont installés. En cas de vote pour l’autodétermination, les Marocains installés sur le territoire sahraoui vont voter pour

l’indépendance parce qu’ils ne voudront plus être les sujets du roi. Il est paradoxal d’avoir une majorité marocaine et de refuser le vote d’autodétermination.

 


08 juin 2021

Tebboune, Al Jazeera

Nous n’avons pas de problème avec le Maroc, c’est le Maroc qui a un problème avec nous.

la fermeture des frontières entre le Maroc et l’Algérie n’a que peu de choses à voir avec le dossier du Sahara.

Nous n’acceptons pas le fait accompli quelles que soient les circonstances

Nous entretenions par le passé de bonnes relations avec le Maroc et les frontières étaient ouvertes malgré le dossier du Sahara occidental.

           

14 juillet 2021

R. Lamamra, dans son discours à la Conférence Ministérielle à mi-parcours du Mouvement des Pays Non-alignés :

La reprise du conflit armé entre le Royaume du Maroc et le front polisario mérite une plus grande attention de la communauté internationale.

Lamamra a appelé le Secrétaire Général de l'ONU à "accélérer la nomination de son Envoyé Personnel et à lancer un processus politique crédible entre les deux parties au conflit, dans le but de parvenir à une solution politique juste et durable qui assurera l'autodétermination du peuple de la République Sahraouie, membre fondateur de l'Union Africaine (UA).

 


14 juillet 2021

Une note diffusée par la représentation diplomatique marocaine à New York aux pays membres du Mouvement des non-alignés

(en réponse à l’intervention du ministre algérien Lamamra), indique : « L’autodétermination n’est pas un principe à la carte. C’est pourquoi le vaillant peuple kabyle mérite, plus que tout autre, de jouir pleinement de son droit à l’autodétermination. »

 

 

16 juillet 2021

Déclaration du ministère algérien des affaires étrangères :

L’Algérie attendait du Royaume du Maroc qu’il clarifie sa position définitive sur la situation d’une extrême gravité créée par les propos inadmissibles de son ambassadeur à New York.

Depuis lors, et en l’absence de tout écho positif et approprié de la partie marocaine, il a été décidé aujourd’hui, le rappel, avec effet immédiat, pour consultations, de l’Ambassadeur d’Algérie à Rabat, sans préjudice d’autres mesures éventuelles en fonction de l’évolution de cette affaire.

 

26 juillet 2021

Le Président Tebboune reçoit les lettres de créance de Abdelkader Taleb Omar, « ambassadeur » de la « rasd ».

 


27 juillet 2021

Berlin- Un rapport de l’Institut allemand des affaires internationales et de sécurité (Stiftung Wissenschaft und Politik, SWP), appelle l’Union européenne à revoir ses relations avec le Maroc et à freiner ses ambitions hégémoniques en Afrique et au Maghreb en particulier.

Intitulé « Rivalités maghrébines sur l’Afrique subsaharienne : l’Algérie et la Tunisie cherchent à suivre les pas du Maroc », le document a été rédigé en 2020 par Isabelle Werenfels, senior flow de SWP.

 

 

30 juillet 2021

Discours du Trône

… Nous renouvelons Notre invitation sincère à Nos frères en Algérie, pour œuvrer de concert et sans conditions à l’établissement de relations bilatérales fondées sur la confiance, le dialogue et le bon voisinage.
… Je rassure Nos frères en Algérie : vous n’aurez jamais à craindre de la malveillance de la part du Maroc qui n’est nullement un danger ou une menace pour vous. En fait, ce qui vous affecte nous touche et ce qui vous atteint nous accable.
Aussi, Nous considérons que la sécurité et la stabilité de l’Algérie, et la quiétude de son peuple sont organiquement liées à la sécurité et à la stabilité du Maroc.
Corollairement, ce qui touche le Maroc affecte tout autant l’Algérie ; car les deux pays font indissolublement corps.
Par ailleurs, Nous déplorons les tensions médiatiques et diplomatiques qui agitent les relations entre le Maroc et l'Algérie. Elles nuisent à l’image des deux pays et laissent une impression négative, notamment dans les enceintes internationales.
Aussi, Nous appelons à faire prévaloir la sagesse et les intérêts supérieurs de nos deux pays. Nous pourrons ainsi dépasser cette situation déplorable qui gâche les potentialités de nos deux pays, au grand dam de nos deux peuples et des liens d’affection et de fraternité qui les unissent.
Plus que deux nations voisines, le Maroc et l’Algérie sont des pays jumeaux qui se complètent.
Par conséquent, à sa plus proche convenance, J’invite Son Excellence le Président algérien à œuvrer à l’unisson au développement des rapports fraternels tissés par Nos deux peuples durant des années de lutte commune.

 


8 août 2021

Abdelmadjid Tebboune

Rencontre avec la presse nationale

[Au cours des années passées, la diplomatie algérienne s'est recroquevillée sur elle-même et notre voix n'était plus audible] L'affaire du Sahara a été enterrée... Aujourd'hui, nous avons repris notre place..

Au sujet de la main tendue du Maroc, telle qu’exprimée dans le discours du Trône :

Il n'y a pas eu de réponse. Un diplomate marocain a fait des déclarations très dangereuses qui nous ont conduits à retirer notre ambassadeur de Rabat et nous avons dit que nous irions plus loin, sans recevoir de réponse.

L'affaire du Sahara occidental tout le monde le dit, même les Etats-Unis, est entre les mains des NU, à la 4è commission. Nous sommes des observateurs... honnêtes, c'est tout. On peut les aider pour qu'ils règlent le problème, nous sommes prêts. S'il y a une rencontre entre eux ils sont les bienvenus en Algérie. Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour que ce problème soit réglé, mais avec l'accord de tous. Je ne peux pas imposer une décision aux Sahraouis c'est à eux de résoudre leurs problèmes entre eux

 


11 août 2021

Le Maroc annonce qu’il met deux canadairs à la disposition de l’Algérie pour l’aider à combattre les incendies de forêts qui ravagent plusieurs régions du pays.

              >  Le gouvernement algérien ne donne pas suite à cette offre.

 

12 août 2021

Abdelmadjid Tebboune, discours à la nation

… Malheureusement, aucun pays n'a répondu à notre demande, tous les appareils européens étant déployés en Grèce et en Turquie, qui ont connu des feux de forêt dévastateurs.

 

 

12 août 2021

Yair Lapid, ministre israélien des affaires étrangères, conférence de presse, Casablanca

Nous partageons (avec le Maroc) quelque inquiétude du fait du rôle de l'Algérie dans la région, (ce pays) est devenu plus proche de l'Iran et a lancé une campagne contre l’admission d’Israël à l’Union africaine.


15 août 2021

Communiqué du ministère algérien des affaires étrangères à propos des déclarations du ministre israélien des affaires étrangères Yair Lapid, du 1.08.2021 :

Déclarations fallacieuses et malveillantes, faites à partir du Maroc, concernant l’Algérie et son rôle régional ainsi que ses relations avec un pays-tiers,

… Cette sortie intempestive, dont le véritable instigateur n’est autre que Nasser Bourita en sa qualité de Ministre des Affaires Etrangères du Royaume du Maroc, traduit une sourde volonté d’entrainer son nouvel allié moyen oriental dans une aventure hasardeuse dirigée contre l’Algérie, ses valeurs et ses positions de principe.

 

24 août 2021

Le gouvernement algérien rompt ses relations diplomatiques avec le Maroc.

Dans sa déclaration, le gouvernement algérien affirme :

Il est historiquement et objectivement établi que le Royaume du Maroc n’a jamais cessé de mener des actions hostiles, inamicales et malveillantes à l’encontre de notre pays et ce, depuis l’indépendance de l’Algérie. 

 


04 septembre 2021 

« L’Algérie ne perçoit plus le Maroc comme un rival, mais comme un potentiel ennemi »

Luis Martinez directeur de recherche Sciences Po-CERI, Le Monde.

 


14 septembre 2021

L'Algérie dément avoir demandé la médiation des Emirats pour normaliser ses relations avec le Maroc.

 

15 septembre 2021

L'Algérie dément l'existence d'une médiation saoudienne entre elle et le Maroc.

 

09 sept. 2021

Ramtane Lamamra, ministre des Affaires étrangères, dans une allocution prononcée lors des travaux de la session ordinaire du Conseil de la Ligue arabe au niveau ministériel, Le Caire :

Une analyse de la situation nous fait comprendre que certains cherchent à s’attribuer des rôles influents dans la structure de l’ordre régional et international en établissant des alliances dangereuses dans l’unique but de réaliser des acquis immédiats au détriment des nobles objectifs du système de l’action arabe commune.

Des parties recourent à l’aide et la puissance d’un ennemi historique pour attenter aux frères et s’attaquer directement aux voisins.

Si ce constat se fait manifestement et à proximité des frontières communes, nous pouvons imaginer ce qui se trame dans les coulisses.

 

22 septembre 2021

Le Conseil suprême de sécurité décide, « au vu de la poursuite des provocations et des pratiques hostiles du côté marocain », « de fermer immédiatement l'espace aérien algérien à tous les aéronefs civils et militaires marocains, ainsi qu'aux ceux portant un numéro d'immatriculation marocain, à compter d'aujourd'hui. »

 

25 septembre 2021

A. Tebboune, lors de la rencontre gouvernement -walis, à Alger :

L’Algérie est une force de frappe et le monde entier reconnaît sa puissance, à l’exception de certains Algériens.

97 sites électroniques visent l’Algérie à partir des pays du voisinage, à l’exception de la Tunisie.

 

 

28 septembre 2021 

Général Said Chanegriha, chef d’état-major de l’Armée, dans un discours prononcé devant les cadres de la 2e RM, lors d’une visite en 2ème région militaire (Oran) :

Parce que l’attachement de l’Algérie à ses principes et sa détermination à ne guère en dévier dérangent le régime du Makhzen et entravent la concrétisation de ses plans douteux dans la région, ce régime expansionniste est allé trop loin, dans les conspirations et les campagnes de propagande subversives, visant à réduire le rôle de l’Algérie dans la région.

(Le Maroc chercherait à affaiblir l’Algérie, en) « épuisant ses capacités », en « entravant son processus de développement » et en tentant de « porter atteinte à l’unité de son peuple, en semant la discorde et la division en son sein ».

Les ennemis ont ainsi trouvé en certains faibles d’esprits et traitres à la Nation, instrumentalisés et recrutés comme agents, le moyen de parvenir à leurs fins, à savoir, affaiblir l’Algérie de l’intérieur et lui faire pression pour qu’elle renonce à ses principes immuables, à ses nobles valeurs et aux justes causes de la Nation ».

Mais leurs actes seront voués à l’échec et ils seront humiliés et acculés, car l’Algérie, qui est entrée dans une ère nouvelle, forte de son armée et de son peuple, est déterminée, plus que jamais (…), à défendre sa souveraineté, son unité nationale et sa décision souveraine ».

L’Algérie est « prête à faire face, avec rigueur et fermeté, à tous les plans sinistres, qui se trament secrètement et ouvertement, visant l’État-Nation et ses symboles »

Le peuple algérien se « tiendra aux côtés de ses dirigeants et des institutions de l’État, tel un seul homme, pour faire face à quiconque tente de nuire à l’Algérie », et ce « quelles que soient les circonstances ».

 

07 octobre 2021

Communiqué du ministère algérien des affaires étrangères :

La démilitarisation de (la zone de Guerguerat) est la pierre angulaire de tout processus politique crédible visant à trouver une solution pacifique au conflit.

 

10 octobre 2021

A. Tebboune, rencontre avec les médias algériens :

Tout pays qui agressera l’Algérie le regrettera. Celui qui nous cherche nous trouve

Si quelqu’un nous cherche, je jure par Dieu qu’elle (la guerre) ne s'arrêtera pas.

Je n'accepte aucune médiation (entre le Maroc et l'Algérie). Quand le ministre (algérien) des affaires étrangères est parti à la réunion des ministres arabes des affaires étrangères, ... il a dit dès le départ que cette question ne devait pas être inscrite à l'ordre du jour. Il ne faut pas mettre sur un même pied le bourreau (tortionnaire) et la victime, l'agresseur et l'agressé. Nous ne sommes pas dans le tort, c'était une réaction... Il s'est passé des choses qui n'auraient pas dû, mais nous ne sommes pas la cause.

historiquement, l’Algérie n’a jamais porté atteinte à l’intégrité territoriale du Maroc. C’est le Maroc qui nous a agressé en 1963, avec ses chars, ses hélicoptères et ses unités d’élite, alors que nous n’avions pas d’armée à l’époque.

Chaque année ou deux, le Maroc se rend coupable d’un acte portant atteinte à la souveraineté de l’Algérie.

Des terroristes ont été hébergés dans des villas, à Agadir, dotés d’une garde rapprochée et de passeports diplomatiques marocains.

Celui qui nous cherche nous trouve…et si nous commençons, nous n’arrêterons pas».

les Algériens n’ont pas peur des alliances de «carton».

… Comme dit le vieil adage « L’heure de la colère n’a pas d’aiguilles ».

 


13 octobre 2021

La Direction générale algérienne de la sûreté nationale annonce avoir démantelé un réseau qualifié de « terroriste », car lié au Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK). Cette opération a permis d’arrêter 17 personnes soupçonnées de se préparer à mener des « actions armées visant à porter atteinte à la sécurité du pays avec la complicité de parties étrangères opérant sous le couvert d’associations et d’organisations de la société civile et basées dans l’entité sioniste (Israël) et dans un pays d’Afrique du Nord ».

 

23 octobre 2021

Ramtane Lamamra, ministre algérien des affaires étrangères, sur RT :

Rabat est allé très, très loin dans ses attaques et ses conspirations contre l’Algérie, que ce soit en utilisant certains individus ou groupes ayant été à juste titre classés par l’Algérie comme organisations terroristes.

Le Maroc a également mené contre l’Algérie des actes qui relèvent de ce qu’on appelle les "guerres de quatrième génération" en vue de porter atteinte à la sécurité intérieure de notre pays.

De même l’Etat marocain a fait appel à Israël pour le secourir et le renforcer… Un acte qui est en fait dirigé contre la sécurité et la stabilité de l’Algérie…Et que nous considérons comme dangereux et inacceptable.

 

31 octobre 2021

Le Président algérien « au vu des pratiques agressives du Royaume du Maroc à l'égard de l'Algérie, qui portent atteinte à l'unité nationale », a ordonné à Sonatrach de cesser les relations commerciales avec l’ONEE et de ne pas renouveler le contrat pour la fourniture du gaz à l’Espagne au moyen du gazoduc Maghreb-Europe.

 

22 Octobre 2021

Amar Belani, envoyé spécial algérien chargé de la question du Sahara occidental et des pays du Maghreb (APS) :

« Nous confirmons notre rejet formel et irréversible de ce format dit de table ronde » (pour les négociations sur le règlement du conflit au Sahara), devenu « contreproductif ».

L’Algérie a informé le Conseil de sécurité de l’ONU de sa décision.

 


1er novembre 2021

Le polisario annonce sa volonté d’'"intensifier" sa guerre contre l'armée marocaine.

Nomination de 19 nouveaux commandements dont Mohammed El Ouali Akeik chef des milices du polisario.

 

03 novembre 2021

Communiqué de la présidence de la république algérienne :

Le 1er novembre 2021, (…) trois (03) ressortissants algériens ont été lâchement assassinés par un bombardement barbare de leurs camions, alors qu'ils faisaient la liaison Nouakchott-Ouargla, dans un mouvement naturel d'échanges commerciaux entre les peuples de la région.

Les autorités algériennes ont aussitôt pris les dispositions nécessaires pour enquêter sur cet acte ignoble en vue d'élucider les circonstances qui l'ont entouré.

Plusieurs facteurs désignent les forces d'occupation marocaines au Sahara Occidental comme ayant commis avec un armement sophistiqué ce lâche assassinat à travers cette nouvelle manifestation d'agressivité brutale qui est caractéristique d'une politique connue d'expansion territoriale et de terreur.

Les trois victimes innocentes de cet acte de terrorisme d'Etat rejoignent, en ce glorieux jour du 1er Novembre, les Martyrs de la Libération nationale qui font de l'Algérie Nouvelle la citadelle des valeurs et des principes de son Histoire éternelle. Leur assassinat ne restera pas impuni.

 

03 novembre 2021

Affaires des camionneurs algériens

Le ministre algérien des affaires étrangères, Ramtane Lamamra, adresse des lettres au secrétaire général de l'ONU, à l'Union africaine, à la Ligue arabe, à l'Organisation de la coopération islamique, et aux ambassadeurs accrédités à Alger.

Il y formule des accusations de « terrorisme d'État ».

 

03 novembre 2021

(Colonel) Mokhtar Médiouni, lors de son émission « Crisis », El Hayat TV, s’adressant au polisario :

Déplacez la guerre sur le territoire marocain pour semer le chaos et la terreur à Casablanca, à Marrakech. Si vous voulez l’indépendance, vous devez mourir en martyrs »,

Ô Sahraouis, vous qui voulez votre indépendance, mourez en martyr pour votre pays et déplacez la guerre jusqu’au Maroc, en plein territoire marocain.

 

03 novembre 2021

El Kadi Ihsane, journaliste, sur Radio M au cours de l’émission « ALGERIE - MAROC : Faut-il tous courir aux abris ? » :

« L’escalade, ce serait d’empêcher le commerce entre le Maroc et le sud. ...empêcher les camions qui passent par Guerguerat, ... donc, mettre en danger la sécurité des commerçants comme on a mis en danger la sécurité de nos commerçants ».

 

06 novembre 2021

Abdelmadjid Tebboune, Der Spiegel

Les Marocains veulent diviser l'Algérie. Leur représentant à l'ONU a exprimé son soutien au mouvement indépendantiste dans une partie de notre pays, la Kabylie. Personne, pas même le roi, n'a corrigé ses propos. En fin de compte, nous avons coupé les relations.

Nous sommes favorables à ce que les Sahraouis décident de leur sort. Seul le Maroc ne joue pas le jeu. Vous savez, il y a quelque chose qui me dérange dans la perception publique des deux pays. Au Maroc, … le taux d'analphabétisme est encore de 45 %. Ici, il n'est que de 9 %. L'Europe imagine à tort le Maroc comme une belle carte postale, mais nous sommes perçus comme une sorte de Corée du Nord. Pourtant, nous sommes un pays extrêmement ouvert.


6 Novembre 2021

The Economist :

The never-ending conflict

Things are heating up in Western Sahara

Déclarations de Mohamed El Ouali Akeik chef des milices du polisario :

Certains au polisario veulent poursuivre d’autres tactiques, comme attaquer plus profondément dans le territoire occupé par le Maroc.

C’est bien plus qu’une possibilité. Les entreprises et les consulats, les compagnies aériennes et d’autres secteurs sont tous des cibles potentielles. 

https://www.economist.com/middle-east-and-africa/2021/11/06/things-are-heating-up-in-western-sahara

 


9 novembre 2021  

La Razón :

L’Algérie fournit un lot de matériels militaires au polisario pour mener la guerre au Sahara.

 


10 novembre 2021

Ramtane Lamamra, ministre des Affaires étrangères, lors de la conférence des chefs des missions diplomatiques et consulaires à Alger :

Tous les pays arabes et africains membres de la Ligue arabe et de l’UA, de la Mauritanie jusqu’à l'Egypte, ont été contre l’octroi du statut d’observateur à Israël (auprès de l’Union africaine), à l’exception du Royaume du Maroc qui a mené campagne en faveur de ce statut.

 

11 novembre 2021

Ramtane Lamamra, L’Expression : 

Le Sommet arabe prochain sera le sommet de la solidarité interarabe et le soutien de la cause palestinienne et du peuple sahraoui.

 

11 novembre 2021

Tayeb Zitouni, président du Rassemblement National Démocratique (RND), majorité présidentielle, lors d’un meeting électoral à Tiaret :

appelle le peuple marocain à « renverser le régime du Makhzen, dont la décision est devenue tributaire de l’entité sioniste ».

 

25 novembre 2021

Salah Goudjil, président du Conseil de la nation (sénat):

Les ennemis se mobilisent de plus en plus pour porter atteinte à l'Algérie.

Aujourd'hui, les choses sont claires avec la visite du ministre de la Défense de l'entité sioniste au Maroc, après celle effectuée par le ministre des Affaires étrangères de cette entité dans ce pays voisin. Ce dernier avait menacé l'Algérie à partir du Maroc et il n'y a eu aucune réaction du gouvernement marocain.

Dès lors qu'il s'agit de la visite du ministre de la Défense de cette entité au Maroc, c'est l'Algérie qui est visée.

Où sont les frères, où est le monde arabe et où sont les frères palestiniens ?

 

26 novembre 2021

Tebboune, rencontre avec la presse

Une chose que je regrette dans les relations anciennes-nouvelles entre le Maroc et l'entité, nous le regrettons, c'est la première fois depuis 1948 et la création de cette entité, qu’un ministre de cette entité visite un pays arabe et y profère des menaces à l'encontre d'un autre pays arabe. C’est honteux et déshonorant.

 

11 décembre 2021

« Félicitations, un million et demi de fois, champions », a écrit le président Tebboune sur son compte Twitter à l'adresse de la sélection nationale après sa qualification aux demi-finales de la Coupe arabe de la Fifa-2021 suite à sa victoire face au Maroc.

Pour sa part, le Premier ministre Aïmene Benabderrahmane, également sur Twitter, a écrit : « Avec cette image, vous avez ravivé notre mémoire, alors que nous commémorons le 61ème anniversaire des manifestations du 11 Décembre 1960. Félicitations mille fois et Inchallah la finale et la coupe ».

Le ministre des affaires étrangères, Ramtane Lamamra, a félicité l'Equipe nationale « pour sa belle victoire et sa qualification méritée. Très fiers de nos jeunes, de leurs performances exceptionnelles et de leur grande sportivité. Bonne chance pour le reste du voyage, si Dieu le veut ».

Plus mesuré, le général Chanegriha s'est limité à féliciter la sélection algérienne, lui souhaitant « davantage de succès ».